L’interaction puise donc ses ressources dans le réel humain, dans sa conception que l’être a de son environnement. L’interactivité, c’est donc l’illusion la plus parfaite et la plus mise en scène d’un espace de liberté offert aux travers de dispositifs plus ou moins pertinents qui lui permettent de penser qu’à un moment, il a « le contrôle » sur les choses que l’on pourrait lui présenter. L’expérience est proportionnellement probante selon l’inventivité du « mensonge », qui dans cette définition n’est pas un terme péjoratif. Il faut replacer cette notion au cœur d’un raisonnement pragmatique, dénué de toute interprétation fantasmagorique. Aujourd’hui, la multitude d’œuvres interactives repose sur cette formidable imposture.

Dans cette mesure, comment pousser encore davantage l’immersion au sein d’un processus interactif ? Pour un remodelage complet des systèmes d’interaction entre la machine et l’humain, il faudrait dépasser nos propres limites de compréhension. Car aussi puissantes nos machines soient-elles et aussi astucieux nos langages de programmes puissent-il être, tout cela reste circonscrit au domaine de l’interface, la barrière technique symbolique élaborée afin de proposer au spectateur l’expérience sensorielle…